De Koutango à Keur Saloum Diané : la piste qui fait saliver les habitants
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De Koutango à Keur Saloum Diané : la piste qui fait saliver les habitants

+++De l’envoyé spécial de l’APS : Ousmane Ibrahima Dia+++


Koular (Toubacouta), 1 er oct (APS) – La petite colonne de voitures 4 X 4, en direction de Koular, a du ralentir la cadence sur la piste latéritique totalement trempée à cause de la pluie qui est tombée la veille, au soir. Koular est une des nombreuses localités traversées par ce chemin qui va de Koutango à Keur Saloum Diané, soit une distance de 29,3 Km qui serpentent un tapis herbacé qui a repris des couleurs avec l’hivernage pour le grand bonheur des hommes et des animaux. Les cultures se portent à merveille. A preuve, actuellement, l’on trouve du maïs un peu partout.





Situé non loin de la frontière avec la Gambie, ce village multiséculaire de l’arrondissement de Toubacouta, majoritairement habité par des Socés, se veut une terre d’islam et de tradition. L’on y raconte encore l’histoire du gourdin qui permettait, il y a longtemps, de mettre la main sur les voleurs. En quoi faisant ? Une fois porté par des hommes, le gros bâton les guidait jusqu’à l’auteur du vol. Mais de nos jours, il n y a plus de gourdin. Un simple gris-gris fait l’affaire, selon les explications Oumar Diadamé, 50 ans, natif de la localité. "Le gourdin n’existe plus. Maintenant, il y a les gris-gris qui vous mettent à l’abri des voleurs. Nous sommes une terre d’islam, de tradition, une terre du savoir", confie t-il.


Sur cette terre du bassin arachidier, l’on s’adonne à la culture de l’arachide évidemment, du mil, du maïs et du riz. Une partie est destinée à la consommation, une autre est écoulée dans les marchés. Koular abrite d’ailleurs un marché hebdomadaire, le samedi. Mais à cause de l’absence d’une bonne route, les producteurs ont souvent du mal à écouler leurs productions dans les autres marchés.


C’est justement à ce besoin que répond la nouvelle piste de production en construction dans le cadre du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC). Au total, 29,3 kilomètres seront réalisés de Koutango à Keur Saloum Diané en passant par Ali Mbat, Hamady Guénar, Nidji, Koular, Sinthiou Bodian, Keur-Lahir Sokhna, Keur Macoumba, entre autres, pour un coût de plus d’un milliard (1 053 939 400) francs CFA. 

L’ouvrage phare de ce chantier est le pont en construction, prés de Koular, avec 5 ouvertures, sur le cours d’eau dit "Min-miyang". "Ce pont appelé dalot permettra de faire passer l’eau du Min-miyang qui trouve sa source en Gambie. Le travail est en cours et sera renforcé au fur et à mesure", explique un technicien.


Selon l’adjoint au maire de Keur Saloum Diané, El Hadj Diaw, "la route est coupée en deux parfois par le cours d’eau. Les gens font la traversée à pied. Et cela pose le problème de la circulation des biens et des personnes. Sans compter encore l’évacuation des malades". Le son de cloche est le même chez le chef du village de Koutango, Serigne Mbaye Dème, non sans rappeler le cas de l’enfant emporté par le courant pendant l’hivernage. "Un triste évènement qui a marqué les esprits", selon lui.


Aujourd’hui, tout le monde exulte depuis que les ouvriers ont commencé les travaux de réalisation de la piste. "Nous sommes très contents. Nous avons attendus longtemps la réalisation de cette infrastructure. Nous avons un collège, un dispensaire. Mais l’absence d’une bonne route était un problème qui est en passe d’être résolu et nous en remercions vivement le chef de l’Etat. Toutefois, nous aimerions aussi disposer d’une ambulance", lance le chef du village de Koular, Bakary Kandji devant le directeur national du PUDC, Cheikh Diop.


OID/PON