Concours général : Le débat sur le classement des établissements mérite d’être posé, selon un consultant
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SENEGAL-EDUCATION

Concours général : Le débat sur le classement des établissements mérite d’être posé, selon un consultant

Dakar, 29 juil (APS) – Le débat sur le classement des établissements au Concours général mérite d’être posé afin de voir "dans quelle mesure" ledit concours "pourrait être plus équitable dans son classement et son principe", estime le consultant Abelkader Ndiaye dans une contribution parue, vendredi, dans le quotidien Enquête.



Suite à la remise en cause du classement des établissements dans l’édition 2016 du Concours général par le lycée Limamoulaye, M. Ndiaye souligne que "sans forcément être dans la contestation, le débat a le mérité d’être posé afin de voir dans quelle mesure le désormais très couru Concours général, devenu un label pour les écoles, pourrait être plus équitable dans son classement et son principe".


A l’édition 2016, la Maison d’éducation Mariama Bâ est le premier établissement avec quatre prix et 10 accessits. Elle est suivie du Lycée Seydina Limamoulaye, du Groupe scolaire Yavuz Selim, du Lycée de Thiaroye et du Prytanée militaire Charles Ntchoreré.


Ce classement ne s’est pas fait sur la base du nombre de distinctions mais plutôt à partir de la somme pondérée des points des distinctions obtenues, ont expliqué les autorités, ce que déplore le lycée Limamoulaye. 


Pour le consultant, ce système de pondération qui implique les coefficients attribués en fonction de l’obtention d’un premier prix, second prix et accessits, "comporte quelques limites et est même
inéquitable dans son fondement".


"Il est connu que dans ce concours en question, ce sont des lycées aux effectifs différents en termes de nombre qui sont mis en compétition. Limamoulaye compte par exemple près de 30 terminales tandis qu’un lycée comme Mariama Ba ou le Prytanée militaire n’en compte que 3, si l’on se fonde sur le système classique (A, C et D qui correspondent à des séries L, S1 et S2)", explique t-il.


Abelkader Ndiaye cite également comme "élément discriminant" dans ce Concours "le nombre de matières dans lesquelles, les candidats concourent".


En effet, relève le consultant, il y a beaucoup de matières "qui existent dans des écoles telles que Maurice Delafosse, Limamoulaye, André Peytavin de Saint-Louis, (…) qu’on ne trouve pas à Mariama Ba ou au Prytanée militaire".


"Ce qui, selon lui, revient à dire que le système de pondération en question choisie, devrait plutôt tenir compte du nombre de candidats présentés et du nombre de matières dans lesquelles les candidats peuvent concourir".


Abelkader Ndiaye rappelle qu’il "existe assurément une probabilité plus importante pour une école qui présente plus de candidats, d’obtenir plus de récompense". 


Selon le consultant toujours, "une autre forme d’injustice à déplorer, c’est l’argument qui consiste à désigner tel ou tel autre lycée, meilleur établissement à partir du simple nombre de prix ou d’un classement issu du Concours général".


Pour lui, "il serait en effet bien plus intéressant de corréler les résultats du Concours général avec ceux du baccalauréat et du Bfem", car, "beaucoup d’écoles qui apparaissent dans le classement du Concours Général, n’obtiennent pas forcément de bons résultats au Bac et au Bfem".


"Ce qui signifie, explique t-il, qu’en se basant sur le Concours général, l’on se fonde uniquement sur les résultats de l’élite sans tenir compte du système plus démocratique que sont les examens et que tout le monde partage".


Abelkader Ndiaye souligne que "la raison d’être du système n’est pas à la base de produire une élite, mais de promouvoir un enseignement de qualité, accessible à tous".


Or, ajoute t-il, "beaucoup d’écoles déploient beaucoup de moyens à cet effet pour être cités dans ce Concours si couru de nos jours, en
oubliant la grande masse d’élèves qui paient des sommes faramineuses pour des études de qualité".


Selon lui, "continuer à créer une saine émulation via le Concours général, est certainement une bonne chose". Mais, "innover par un système de classement plus juste et plus équitable, serait encore mieux, sans bien entendu occulter les résultats du Bac et du Bfem qui permettent de franchir des étapes vers la vie professionnelle".


OID/PON