Christine Lagarde préconise des mesures énergiques
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MONDE-ECONOMIE

Christine Lagarde préconise des mesures énergiques "pour déjouer le piège de la croissance lente"

Dakar, 1er sept (APS) - La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, préconise des mesures énergiques ‘’pour déjouer le piège de la croissance lente dans lequel […] le monde risque de basculer’’.
 

Dans un article publié sur le site de l’institution financière internationale, Mme Lagarde détaille ‘’les éléments primordiaux qui devraient’’ selon elle ‘’constituer l’armature d’un plan de redressement de la croissance mondiale’’.
 
Le premier d’entre eux est ‘’le soutien de la demande dans les pays où l’économie ne fonctionne pas à pleine capacité’’. 
 
’’Ces dernières années, cette tâche a été déléguée pour l’essentiel aux banques centrales. Mais la politique monétaire n’offre plus guère de marge de manœuvre, car plusieurs banques centrales travaillent déjà à la limite inférieure ou presque de leur fourchette de taux directeurs’’, estime la patronne du FMI.
 
Selon elle, cela revient à dire que ‘’la politique budgétaire doit prendre le relais. Là où des marges de manœuvre existent, le moment est venu de tirer parti du niveau exceptionnellement bas des taux d’intérêt pour doper les investissements publics et moderniser les infrastructures’’.
 
Les réformes structurelles forment le deuxième élément de l’armature de ce plan de redressement. Les pays ne sont pas suffisamment actifs dans ce domaine.
 
’’Il y a deux ans, les pays membres du G-20 ont pris l’engagement de mener des réformes qui auraient pour résultat une expansion supplémentaire de leur PIB collectif de 2 % sur 5 ans. Mais d’après les plus récentes estimations, les mesures mises en œuvre jusqu’à présent ont produit au mieux la moitié de l’impulsion prévue — ce qui double l’urgence de ces réformes’’, affirme-t-elle. 
 
Le troisième élément sur lequel insiste Christine Lagarde est ‘’la relance des échanges, qui passe par une réduction des frais commerciaux et l’abaissement temporaire des barrières tarifaires’’. 
 
Pour elle, ‘’il est facile d’accuser le commerce de tous les maux qui affligent un pays, mais si l’on entrave le libre échange, on risque de briser la dynamique qui a rendu possible une amélioration sans précédent du bien-être dans le monde entier pendant plusieurs décennies’’. 
 
’’Mais pour que le commerce profite à tous, les gouvernants doivent venir en aide à ceux qui sont les plus touchés, en promouvant les formations alternatives, le développement des compétences et la mobilité professionnelle et géographique’’, clame-t-elle.
 
Elle exhorte enfin à ‘’faire en sorte que la croissance soit plus largement partagée’’, appelant à ‘’structurer la fiscalité et le système de prestations de manière à doper les revenus les plus bas et à récompenser le travail’’. 
 
’’Dans beaucoup de pays émergents, dit-elle, il est nécessaire de perfectionner les systèmes de protection sociale. Les investissements dans l’éducation peuvent améliorer la productivité et les perspectives d’avenir des travailleurs à bas salaires.’’
 
De l’avis de Mme Lagarde, la mise en œuvre de ce programme requiert ‘’du courage politique’’.

’’Mais ne rien faire, c’est risquer de remettre en cause l’intégration économique mondiale et donc de casser la dynamique qui, pendant des décennies, a produit et propagé de la richesse dans le monde entier. Personnellement, je crois que c’est un risque exorbitant’’, avertit-elle.

ASG/OID