Au carrefour Case-Bi, les passagers laissés en rade par les transporteurs
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SENEGAL–SOCIETE

Au carrefour Case-Bi, les passagers laissés en rade par les transporteurs

Dakar, 27 sept (APS) - De nombreux habitants de la banlieue de Dakar, des Parcelles Assainies notamment, ont été pris de court vendredi matin par la rareté des véhicules de transport en commun qui les déversent au quotidien, par milliers, dans le centre-ville de la capitale sénégalaise et ses environs.
 
Au carrefour "Case-Bi", point de départ de centaines, voire des milliers de banlieusards en route vers le centre-ville, ils étaient nombreux à attendre avec peu d’espoir des véhicules pouvant les acheminer à Dakar.
 
Certains des passagers laissés en rade par les transporteurs cherchaient à rejoindre leur lieu de travail ou Colobane, le quartier dakarois où est construit la gigantesque mosquée Massalikoul Djinane, dont l’inauguration est prévue vendredi après-midi.
 
Ils tenaient à assister à l’inauguration de cette mosquée, la plus grande d’Afrique de l’Ouest, selon certains médias locaux.
 
Dès les premières heures de la matinée, les Dakarois et leurs hôtes venus des autres régions se dirigeaient par milliers vers Colobane, où était construit depuis sept ans l’édifice religieux, lequel aurait coûté une vingtaine de milliards de francs CFA, selon la presse sénégalaise.
 
"Je vais à Tilène. Depuis 8 h, je ne vois aucune voiture qui puisse m’emmener", se désole Lala, une jeune femme en compagnie de deux enfants. Elle partage cette mauvaise fortune avec de nombreux autres passagers faisant la queue en attendant les voitures devant les conduire à Fann, près du centre-ville.

"Il n’y a pas de voitures aujourd’hui’", lance souvent aux passagers un homme chargé de convoyer les voitures, une tasse de thé en main. Selon lui, la forte densité de la circulation sur la Voie de dégagement nord (VDN) et l’autoroute Patte d’Oie-Dakar a dissuadé certains transporteurs de se mettre en route.

"Les voitures ne bougent pas, de l’école Mariama Niasse à l’échangeur de Hann. C’est impossible de circuler, il vaut mieux se garer", s’inquiète un transporteur, interdisant aux passagers de s’installer dans sa voiture.
 
Les cars "Ndiaga Ndiaye", les "cars rapides" et les minibus destinés tous au transport en commun des passagers sont pris d’assaut par des vagues de passagers. Et, c’est l’occasion pour leurs détenteurs d’augmenter les prix du transport.

Faisant monter les enchères, un homme chargé de collecter les frais de transport impose aux passagers un tarif unique de 100 francs CFA, entre Golf Sud et le carrefour "Case-Bi", un trajet sur lequel le prix du transport est habituellement de 50 francs CFA.
 
"Nous sommes obligés de courir derrière les cars +Ndiaga Ndiaye+ pour trouver une place. Peu importe le tarif fixé, l’essentiel pour nous, c’est d’assister à la prière du vendredi à la mosquée Massalikoul Djinane", dit un jeune âgé d’une trentaine d’années. 
 
L’une des stations d’essence du carrefour "Case-Bi" grouille de monde. Désemparés, certains passagers y vont à pied, espérant se faire prendre en cours de route par d’hypothétiques transporteurs.

Les chemins mènent, pour la plupart d’entre eux, vers la mosquée "Massalikoul Djinane", inaugurée le même jour, sous l’égide de Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, le khalife général des mourides, l’une des principales confréries musulmanes sénégalaises.

FKS/ESF/BK