Les décideurs invités à accompagner les réformes juridiques dans la lutte contre la drogue
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SENEGAL-UNIVERSITE

Les décideurs invités à accompagner les réformes juridiques dans la lutte contre la drogue

Dakar, 28 fév (APS) - Le psychiatre addictologue du Centre pour la prise en charge intégrée des addictions de Dakar (CEPIAD), Dr Abou Sy, a appelé mercredi, les décideurs à accompagner les réformes juridiques dans la lutte contre la drogue.
 
’’Il faut accompagner les réformes du cadre juridique et proposer des mesures dans la lutte contre la drogue’’, a-t-il dit lors du lancement du premier cours inaugural d’addictologie en Afrique de l’Ouest par La Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie de l’université de Dakar. 
 
La collecte des données occupe une place de choix dans toutes les procédures qui sont liées à la lutte contre la drogue, a-t-il indiqué. 
 
Parmi les perspectives du CEPIAD concernant le diplôme universitaire d’addictologie, il a cité la recherche des partenaires afin de disséminer les connaissances acquises dans ce domaine en dehors des frontières tout en développant les relations sud-sud et en appuyant la collecte des données. 
 
Dr Sy a aussi relevé la nécessité de mener des actions concertées pour une prise en charge optimale répondant aux besoins spécifiques des usagers et des trafiquants. 
 
Selon lui, l’Afrique de l’Ouest est devenue depuis les années 80, la plaque tournante du trafic des drogues et au Sénégal 20 millions de FCFA de methamphétamine ainsi que 17 milliards pour les autres drogues ont été saisies 2016. 
 
’’L’élément important qui manque souvent dans nos pays c’est la collecte des données, nous faisons beaucoup de choses mais nous ne sommes pas capable de les traduire en termes des données pour pouvoir les rendre sur le plan international’’, a-t-il indiqué Dr Sy. 
 
Le chef de service de Psychiatrie du CHUN Fann, le Pr Mamadou Habib Thiam, a pour sa part déploré les conséquences de la drogue au Sénégal. 27% des personnes dans les lieux de privation de liberté y sont à cause de la drogue. 
 
Avec des moyens de plus en plus difficiles à détecter, a-t-il poursuivi, ’’si l’on ne fait pas attention, c’est toute la jeunesse de l’Afrique qui va sombrer dans cette pratique’’.
 
La prise en charge de la drogue est pluridisciplinaire et nécessite énormément d’argent, d’équipements et de technique, selon lui. 
 
’’Ce diplôme universitaire va permettre au centre de jouer pleinement son rôle de référence national et sous-régional’’, a quant à elle souligné le secrétaire exécutif du conseil national de lutte contre le sida (CNLS), Dr Safiétou Thiam. 
Plusieurs étapes ont rendu possible la mise en place de ce diplôme universitaire destiné aux spécialistes de la santé, du monde des ONG et autres acteurs du contrôle des drogues ou de la prise en charge des usagers de drogue.
 
Cette spécialité universitaire vise à "accroître les ressources humaines de qualité dans la prise en charge des usagers de drogues", mais aussi à "participer au changement de comportement des politiques, des usagers et des thérapeutiques par une vulgarisation de l’addictologie au Sénégal et dans la sous-région".
 
Il s’agit aussi d’améliorer l’accès à des services sanitaires de qualité aux usagers de drogues dans le respect de leurs droits humains.
 
Selon le communiqué, "tout part de l’Enquête UDSEN conduite d’avril à juillet 2011 au Sénégal qui a permis de collecter des données qualitatives et quantitatives fiables sur la problématique des Consommateurs de Drogues Injectables (CDI) dans la région de Dakar". 
 
C’est de là qu’est partie l’idée de créer un D.U d’addictologie pour "promouvoir la réduction de la demande, telle que recommandée par les Nations Unies et l’Union africaine". 
 
Une dizaine de modules sont enseignés dans ce cours d’addictologie allant de la "Psychopathologie des addictions", à la "Clinique des addictions aux Substances psychoactives". 
 
Parmi les modules il y aura également les aspects légaux et la réduction des risques liés aux addictions.


AMN/OID/ASB