Le Palais de la paix de La Haye, édifice construit avec l’apport de toutes les nations
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MONDE-PATRIMOINE

Le Palais de la paix de La Haye, édifice construit avec l’apport de toutes les nations


De l’envoyée spéciale de l’APS : Sokhna Khadydiatou Sakho



La Haye (Pays-Bas), 16 avr (APS) - Au cœur de la ville de La Haye (Pays-Bas) se dresse "majestueusement" un grand édifice marron qui ne laisse pas indifférent, c’es le Palais de la paix, un monument construit entre 1907 et 1913 avant la première guerre mondiale avec l’apport de presque toutes les grandes puissances.


"La grosse montre qui retentit chaque heure est évidemment suisse, le grand portail est allemand, les petites pierres sont françaises et les portes d’entrée sont belges. Chaque pays a donné quelque chose, cela symbolise la paix" a fait remarquer Jeroen Vervliet, le directeur de la bibliothèque du Palais de la paix.

M. Vervliet s’entretenait avec une délégation d’une quinzaine de journalistes africains en visite à La Haye sur invitation des autorités de la Cour internationale de justice (CIJ).


Ici, les couleurs bleu et blanc du drapeau des Nations unies contrastent d’avec la verdure du jardin qui sépare le portail de la grande porte d’entrée du Palais de la paix.


"Le premier architecte du Palais, le français Louis Marie Cordonnier avait fait un beau dessin aux allures du 17e siècle, mais la beauté de celui-ci avait été diminué par les travaux d’un architecte néerlandais qui y a mis une dose de modernité futuriste" a expliqué M. Vervliet.

Avec ses deux tours sur les côtés, ce bâtiment, d’"une beauté rare et pittoresque", en plus d’abriter la CIJ et Cour permanente d’arbitrage, dispose d’une bibliothèque de 17 kilomètres de placards de livres, a dit Jeroen Vervliet.


Le palais de la Paix qui ne manque d’anecdotes a été construit par les Etats européens, mais embelli par d’autres pays dont notamment la Russie, a renseigné le guide du jour, montrant du doigt une grosse vase verte en verre posée à gauche, à l’entrée du bâtiment.

Selon M. Vervliet, "c’est un cadeau de l’empereur de Russie, le Tsar Nicolas II qui a fait construire une ligne ferroviaire du Port de La Haye au Palais de la paix pour acheminer son présent".


Considéré comme une zone internationale durant la deuxième guerre mondiale, ce lieu était, selon Jeroen Vervliet, "un terrain neutre bien respecté par les Allemands même s’ils avaient prévu d’en faire un musée du fascisme en cas de victoire".


"Malheureusement, ils ont perdu la deuxième guerre mondiale" a souligné le directeur de la bibliothèque du Palais de la paix, un brin taquin.


Des personnes qui ont travaillé pour la sauvegarde de la paix dans le monde ont également leurs bustes exposés un peu partout dans le palais.


A droite, en allant vers la grande salle de la Cour internationale de la Justice, est exposé le premier buste d’une femme offert par la ville de La Haye lors du centenaire du Palais.


Il s’agit de la journaliste écrivaine et pacifiste autrichienne Bertha Von Suttner qui a marqué son attachement à la paix à travers son célèbre ouvrage "En bas les armes", apprend t-on.


Non loin sont visibles les bustes du défunt dirigeant historique contre l’apartheid en Afrique du sud, Nelson Mandela (1918-2013) et du père de la non-violence et de la désobéissance civile en Inde, Mahatma Ghandi (1869-1948). 


"La fondation Carnegie financée en partie par le ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas met à la disposition du Palais de la paix un budget de 4, 5 millions d’euros chaque année pour assurer sa maintenance" a souligné Jeroen Vervliet.


Cette fondation demeure le propriétaire et gestionnaire du terrain et du bâtiment ainsi que de la bibliothèque du Palais de la paix.



SKS/PON