2020, l’année des projets tombés à l’eau
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SENEGAL-SOCIETE-SANTE

2020, l’année des projets tombés à l’eau

Dakar, 24 déc (APS) – Une année nouvelle, c’est souvent des idées et des projets, mais bon nombre de citoyens sénégalais ont vu leurs projets tomber à l’eau à cause de la pandémie de Covid-19 qui a lourdement frappé les économies.
 
Jeune élève-infirmier, Mohammed Ousmane Coulibaly fait partie de ceux qui n’ont pas pu concrétiser leurs projets à cause de la survenue de la pandémie.
 
Le projet du jeune homme de 22 ans était, avec l’aide de sa famille et grâce à une bourse, d’entamer un partenariat avec différentes écoles de santé, dans le domaine de la vente du matériel médical.
 
’’J’avais déjà fini de discuter avec le fournisseur qui était par ailleurs celui de mon école, mais quand le moment est venu d’aller présenter mon projet à certaines écoles ciblées, ce n’était plus possible car tout était fermé’’ à cause de l’état d’urgence décrété par les autorités pour contenir la propagation de la Covid-19, a confié Coulibaly à l’APS.
 
C’est ainsi que ce projet d’investissement est tombé à l’eau, regrette l’élève-infirmier, poursuivant qu’il lui sera bien difficile de tout remettre sur les rails.
 
’’J’ai du mal maintenant à m’en remettre car l’argent a été dépensé à d’autres fins (….) je vais mettre le projet en stand-by pour le moment’’, dit-il, soulignant que même le fournisseur a eu des problèmes car avec la fermeture des frontières, il ne pouvait plus faire venir du matériel de l’extérieur.
 
Yoro Gaye, entrepreneur en bâtiment, a également perdu un marché.
 
’’J’avais gagné avec mon père un marché de construction d’un immeuble R+4. Le propriétaire nous avait demandé de commencer avec nos propres moyens et qu’il financerait le reste’’, explique-t-il, ajoutant que son père avait déjà entamé les démarches pour trouver les financements nécessaires.
 
Malheureusement, ’’tout a été retardé, puis annulé’’ avec l’apparition de la maladie, déplore ce père de famille âgé de plus de la trentaine et résidant au quartier de Grand Dakar.
 
’’L’ami de mon père qui devait nous aider avec l’argent s’est finalement désisté et par la suite l’entreprise nous a aussi appelé pour nous faire part de sa décision d’annuler le marché jusqu’à nouvel ordre. Et jusqu’à présent on n’a pas eu de nouvelles’’, ajoute-t-il.
 
Couturier de son état, Assane Ndiaye, habitant Sicap Liberté 3, avait pris la ferme intention cette année d’ouvrir son propre atelier et récupérer la clientèle de ses anciens employeurs.
 
’’Le local était disponible et j’avais même fait une demande pour l’électricité (…). J’ai réussi à acheter deux machines pour démarrer mais l’argent qui me restait n’était pas suffisant pour payer la caution. Et avec toutes ces mesures prises par nos autorités pour endiguer la pandémie, la clientèle se faisait de plus en plus rare’’, déplore-t-il.
 
Faute de clientèle, Assane dit avoir même eu recours à de petits boulots, comme la vente de friperie à Colobane, ou encore la retouche des habits chez un ami. Et malgré tout, il n’a pas réussi à obtenir la somme demandée pour pourvoir payer la caution du loyer. Le local a été loué finalement à une autre personne.
 
Rencontrée à Niarry Tally, un quartier populaire de Dakar, Oumoul Ngom comptait s’investir dans la vente de produits cosmétiques en partenariat avec une entreprise de la place.
 
’’Mon travail consistait à trouver la clientèle pour eux. Outre un salaire, j’avais un pourcentage sur chaque produit vendu’’, fait-elle savoir. Malheureusement, ce partenariat n’a pas pu être scellé, les activités étant complètement à l’arrêt avec l’état d’urgence.
 
Pour sa part, Ndèye Marie Diop envisageait de mettre sur pied une affaire en vendant divers produits aux étudiants.
 
’’J’ai perdu tout l’argent que ma tante m’avait prêté pour démarrer mon business car j’avais une clientèle ciblée à savoir les étudiants. L’idée est de leur faire des prêts pour un mois. Mais avec la Covid-19, ils ont été obligés de rentrer (…)’’, avec la fermeture des universités, raconte-t-elle.
 
YS/OID/ASB