Première exposition individuelle au Sénégal du plasticien Ousmane Dia, à partir du 30 janvier
APS
SENEGAL-CULTURE

Première exposition individuelle au Sénégal du plasticien Ousmane Dia, à partir du 30 janvier

Dakar, 18 déc (APS) - L’artiste plasticien sénégalais Ousmane Dia, établi à Genève (Suisse),"va montrer une installation sculpturale de 365 sculptures de 2,5 mètres de haut chacune", pour sa première exposition individuelle au Sénégal, à la galerie nationale d’art, à Dakar, à partir du 30 janvier prochain, annonce un communiqué transmis à l’APS.
 
Cette exposition, organisée en partenariat avec l’ambassade de Suisse au Sénégal, se poursuivra jusqu’au 18 février, sous la direction de son commissaire, le critique d’art Sylvain Sankalé, précise-t-il.
 
A cette occasion, rapporte le communiqué, "Ousmane DIA va montrer une installation sculpturale intitulée ’Maturité de mon peuple’ et constituée de 365 sculptures de 2,5 mètres de haut chacune et symbolisera un (e) citoyen (ne)". 
 
"L’ensemble des sculptures se dirige vers un cercle de 4mètres de diamètre délimité par un texte qui est l’article 10 de la Constitution du Sénégal", qui stipule : "Chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume, l’image, la marche pacifique, pourvu que l’exercice de ces droits ne porte atteinte ni à l’honneur et à la considération d’autrui, ni à l’ordre public".
 
"Cette installation est un rappel qu’il faut renforcer les démocraties tant au Sénégal qu’en Afrique mais aussi à travers le monde. 365 symbolise les jours de l’année où le peuple peut manifester de manière pacifique et responsable en exprimant ses droits démocratiques que lui confère la Constitution, soit par la marche ou par la carte de vote", peut-on lire dans ce communiqué. 
 
Il ajoute : "C’est aussi une invitation aux dirigeants à respecter le choix du peuple qui leur a donné la légitimité de leur ’Chaise’ (siège), à l’image de l’installation". 
 
Selon le communiqué, l’artiste, natif de Tambacounda, ville située au sud-est du Sénégal à 480 km de Dakar, "souhaite offrir cette installation sculpturale à l’Etat du Sénégal. Des démarches allant dans ce sens seront effectuées".
 
Dans sa ville natale, renseigne la même source, Ousmane Dia "a réalisé la totalité des sculptures de cette exposition avec l’assistance de 7 ateliers de menuisiers métalliques. C’est aussi une manière pour lui de permettre aux artisans locaux d’avoir des rentrées financières car Tambacounda reste aujourd’hui encore une des régions les plus pauvres du Sénégal".
 
Sorti de l’Ecole nationale des Beaux-arts de Dakar en 1997, le plasticiein a complété ses études avec un post grade en mention “Sculpture” à l’Ecole supérieure d’arts visuels de Genève où il a obtenu son diplôme en 2001, selon le communiqué. Il enseigne depuis 16 ans les arts visuels au Cycle d’orientation à Genève, où il vit et travaille dans cette ville depuis 20 ans. 
 
"Dès 1999, poursuit le texte, Ousmane DIA participe à de nombreuses expositions individuelles et collectives en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis notamment. Cependant, malgré son parcours international et sa renommée, ce plasticien sénégalo-suisse n’a jamais eu une exposition individuelle au Sénégal, son pays d’origine" 
 
Il travaille "à partir de métaux de récupération, acte de mise en valeur et de respect pour des matières façonnées par l’Homme. Il s’agit d’une volonté de reprendre là où a été interrompu le parcours d’une matière et de poursuivre son histoire".
 
"Coutures de métal, marques de feu, superpositions, accumulations, compositions, équilibres et déséquilibres maîtrisés, les œuvres d’Ousmane DIA font se côtoyer procédés innovants et techniques traditionnelles en un langage riche de sa culture d’origine, formel et pourtant si singulier", estime le communiqué.
 
"Ses œuvres prennent racine dans son vécu et se font souvent l’écho de l’actualité, telle sa performance/exposition ’Discours d’un pyromane’ présentée en 2010 à la Faculté de Géographie de la Sorbonne en réponse au +Discours de Dakar+ de Nicolas Sarkozy", signale le texte. 
 
Il en est ainsi de sa "sculpture monumentale « Hommage à Odell Barnes Jr », exposée dans de nombreux lieux depuis 2004, dont au Palais des Nations unies à Genève, ou encore sa série de dessins de janvier 2015 « Marches pour la liberté et la limite de l’expression », qui faisaient suite aux malheureux événements du journal satirique Charlie Hebdo".
 
Ousmane DIA avait aussi présenté, en 2002, "une maquette d’objet symbole sur mandat du Palais des Nations unies dans le cadre de l’Exposition nationale suisse Expo.02. Sa sculpture finale de 6 mètres de haut sera exposée à l’Arteplage d’Yverdon-les-Bains. Il avait alors pris la chaise comme symbole", rappelle le communiqué.
 
"Depuis il travaille la chaise, inlassablement, méticuleusement (…)", au point que dans ses œuvres "la chaise est devenue omniprésente : d’abord une recherche formelle, devenue obsessionnelle, elle est la marque, la signature de l’artiste", note le texte, selon lequel cet objet "est symbole de pouvoir et d’autorité mais aussi d’hospitalité".

BK/PON